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Eilenroc

En 1860, il est de bon ton pour la grande société du nord de l’Europe, de passer l’hiver sur la Riviera.
Le riche hollandais Hugh-Hope Loudon achète donc le terrain du Cap pour y faire édifier une luxueuse résidence. Il en demande les plans à Charles Garnier, architecte des opéras de Paris et de Monte-Carlo. Amoureux du midi, celui-ci disait : «Chaque année, je vais en Italie me mettre dans les yeux quelques choses des rayons de couleur». Il a construit de nombreuses villas de Menton à Bordighera en «un monde de formes dorées» (Focillon).

La demeure est achevée en 1867. Elle s’appellera Eilenroc, anagramme de Cornélie, prénom de l’épouse de M. Loudon. A cette époque, le parc de la propriété n’est encore qu’une garrigue.


Six en plus tard, en 1873, la propriété est cédée, avec tout son mobilier, à James Wyllie, un riche écossais de retour des Indes. Il y fait aménager un décor végétal exceptionnel par des jardiniers aussi célèbres que Ringuisen. Dès cette époque, on visite le parc devenu réputé.
James Wyllie meurt en 1908. Il était devenu un antibois de cœur, contribuant aux œuvres de bienfaisance et laissant un généreux legs à notre ville. Après la disparition de James Wyllie, Sir Coleridge Kennard devint l’heureux propriétaire des lieux. Monsieur et Madame Sudreau lui succédèrent.
Commodore Louis-Dudley et Mrs. Helen Beaumont
En 1927, la villa devient le propriété de M. Beaumont et de son épouse en même temps qu’une partie du mobilier.
Louis-Dudley Beaumont était un richissime homme d’affaires américain qui venait d’épouser en Europe une jeune soprano. Passionné d’aviation, sportif accompli, il fut aussi un grand philanthrope. Son épouse, mondaine et très belle, poursuivra son œuvre charitable.
Le couple fit appel à de jeunes artistes contemporains pour restaurer et redécorer la maison (un salon d’été dans le plus pur style Art-Déco). Il y installe sa luxueuse collection de meubles et de tableaux du XVIIIe, (malheureusement disparus pendant la seconde guerre mondiale).
Jacques Greber, architecte-paysagiste consultant pour l’exposition universelle de New-York en 1939 est alors appelé par M. Beaumont pour restructurer l’immense parc de 11 hectares et lui redonner toute sa splendeur.
Les Beaumont possédaient de nombreuses autres résidences mais aimaient beaucoup Eilenroc. Il y organisèrent de prestigieuses réceptions où le «tout Côte d’Azur» se rendait dans les automobiles les plus luxueuses.
En 1982, Madame Beaumont lègue sa propriété à la Ville d’Antibes Juan-les-Pins.
La donation est assortie de conditions précises dont les plus remarquables sont :
- création d’une Fondation Mrs L.D. Beaumont destinée à gérer et exploiter ce patrimoine
- l’utilisation de la propriété par la ville pour des expositions, des réceptions et l’accueil d’hôtes illustres
- l’ouverture des jardins au public

La ville d’Antibes Juan-les-Pins entreprend alors un vaste programme de restauration des bâtiments, du mobilier et des jardins.
Le 20 septembre 1985 a lieu la première véritable réception officielle (offerte à l’Amicale des Antibois). Eilenroc devient la Villa d’Honneur de la Ville.
Le 7 juin 1986, M. Charles Pasqua, Ministre de l’Intérieur et le Sénateur-Maire Pierre Merli inaugurent la Fondation Beaumont en présence de nombreuses personnalités.
Le 6 février 1988, les Antibois apprennent le décès à Monte-Carlo de Mrs L.D. Beaumont à l’âge de 93 ans.
En mars 1988, Monsieur Pierre Merli, au nom de la Fondation Beaumont décide d’ouvrir les jardins de la Villa Eilenroc au public.
En 1998, à la demande du Député-Maire M. Leonetti, le conseil municipal vote à l’unanimité une plus grande ouverture au public des jardins et de la villa elle-même. Le projet d’éco-musée naît enfin avec le reconstitution d’une exploitation horticole des années 20 : plantation de «cailletiers» d’Antibes (oliviers), de figuiers et remise en état d’une petite maison d’habitation que l’on pourra visiter.
En l’an 2000, une soixantaine oliviers, représentants les enfants nés à Antibes durant l’année, sont plantés. Trois ans plus tard, la Ville inaugure la création d’une roseraie de 1000 plants qui réunit sur un même site les variétés des rosiers produites et couramment cultivées sur la Côte d’Azur.
En 2004, pour parachever ce projet en conformité avec les souhaits de la Fondation Beaumont, l'éco-musée est créé et vient compléter l'oliveraie et la roseraie.

Depuis la donation...

La Villa a servi de cadre à des manifestations de prestige et à des concerts comme Musiques au Cœur, Fats domino, etc.
Des célèbres films y ont été tournés :
- En 1985 «Under the Cherry Moon» avec Prince, production de la Warner Bros
- En 1997, «Une chance sur deux» de Patrice Leconte avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Vanessa Paradis
- En 1998, «Les kidnappeurs» avec Elie Kakou et Elodie Bouchez
- En 2002, tournage des «Liaisons Dangereuses» de Josée Dayan pour TF1 avec Catherine Deneuve, Ruppert Everett et Nastassia Kinsky.
De nombreux publicitaires ont également choisi ce lieu magique pour y réaliser les spots publicitaires de grandes marques (Renault et Ford, Chanel, Swatch...), sans oublier les tournages de clip-vidéo, tels que le clip «Khéops» avec le chanteur Akhénaton du groupe IAM.

Et selon les vœux de Madame Beaumont la municipalité d’Antibes Juan-les-Pins reçoit ses hôtes de marque à la Villa Eilenroc.

Les mardi et mercredi de 9h à 17h et le samedi toute la journée :
visite du parc, de l'oliveraie, de la roseraie et de l'éco-musée.
Le mercredi de 9h à 12h et de 13h30 à 17h : visite de la villa.
Fermée en juillet et août.
Renseignements au 04.93.67.74.33