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Installé depuis sa création en 1963 dans le Bastion Saint-André, fortification construite par Vauban à la fin du XVIIe siècle, le musée d’Archéologie rassemble les découvertes archéologiques, terrestres mais aussi sous-marines, permettant de retracer l’histoire d’Antibes pendant l’Antiquité. Céramiques, amphores, mosaïques, monnaies et objets de la vie quotidienne témoignent du riche passé de l’antique Antipolis.


Cette année encore, le musée d’Archéologie d’Antibes poursuit sa programmation avec quatre conférences qui proposent des sujets diversifiés, liés aux expositions de l’année, aux collections d’autres musées ou encore à l’actualité de la recherche archéologique.




Un nouveau regard sur la collection

Ouvert depuis 1963, le musée d’Archéologie d’Antibes est riche de près d’un millier d’objets.

De nouvelles pièces, récemment acquises, vont être présentées pour la première fois et dans le cadre d’une réorganisation de la collection permanente. Parmi celles-ci figure une statuette en marbre de Dionysos, le dieu de la vigne et du vin, conservée jusqu’à présent au musée Picasso. Par ailleurs, grâce à la générosité d’un couple d’habitants de Vallauris, un petit autel de pierre au dieu Pipius rejoindra à cette occasion une vitrine consacrée à la religion.
Il voisinera avec une inscription qui fait référence au culte, sanglant, de la déesse orientale Cybèle. D’autres objets sortiront des réserves : fragments de céramiques attiques, témoignage de l’occupation grecque du Vieil Antibes, pièces d’armement romaines issues des fouilles de Vaugrenier et même « la pierre à la colombe » qui évoque les premiers temps chrétiens de la ville.

Nouveaux et anciens objets prendront place dans une scénographie sensiblement renouvelée. Certains thèmes, comme celui sur l’occupation d’Antibes avant les romains, seront plus largement développés et l’ensemble bénéficiera de nombreux supports didactiques : bannières annonçant les différents thèmes abordés, textes de synthèse qui mettent les objets en perspective, cartels, plans et photos.

Le visiteur est ainsi invité à porter « un nouveau regard sur la collection » et ses nombreux objets qui nous ramènent 2500 ans en arrière, aux origines d’Antipolis.






Elena Dor de la Souchère
Antibes – 2500 ans d’histoire


À la mémoire de mon père

Maisonneuve & Larose et Ville d’Antibes, 2006
160 pages – 85 illustrations en  bichromie
20 euro

Romuald Dor de la Souchère, grand érudit, helléniste et latiniste de formation, fondateur et premier conservateur du musée Picasso d’Antibes est un homme dont le souvenir et l’œuvre restent étroitement liés à la Ville d’Antibes.
Sa fille Elena Dor de la Souchère a aujourd’hui réuni ses documents et ses écrits pour constituer l’histoire de la Ville et rendre accessible un ensemble très important de notes de recherches jamais publiées.

Fondée par les Phocéens – Grecs d’Asie mineure –, Antipolis (Antibes), attaquée par les barbares ligures de l’arrière-pays, implora le secours de Rome, offrant ainsi aux légions romaines un prétexte pour s’introduire en Gaule. Riche municipe romain ravagé par les grandes invasions barbares, Antibes n’est plus, dans le haut Moyen Age, qu’un hameau de pêcheurs protégés par l’évêque Saint Armantaire, tueur de dragons. La cité se relèvera au fil des siècles sous l’autorité de la famille de Grasse puis des Grimaldi. La Provence forme à l’époque, avec Naples et la Sicile, un Etat souverain. Mais à la suite des troubles provoqués par les démêlés de la trop belle Reine Jeanne avec ses quatre maris successifs puis par sa mort tragique, la Provence se sépare de Naples, tandis que Nice, passant sous le protectorat des Ducs de Savoie, rentre dans la mouvance italienne. La Provence est rattachée à la France en 1481. Dès lors, la frontière française du sud-est se situe sur le Var et la petite place forte d’Antibes est sa gardienne. Henri IV achete la ville aux Grimaldi et l’entoure de remparts qui seront parachevés par Vauban. Assiégée à plusieurs reprises, la petite cité repousse en 1746 les assauts d’une puissante armée autrichienne. A l’époque de la Révolution, la famille Bonaparte, fuyant la Corse, trouve refuge au château Salé d’Antibes. Après le 9 thermidor, le jeune général Bonaparte a peut-être été interné au Fort Carré d’Antibes en raison de ses attaches avec Robespierre. Toute trace du fâcheux épisode a disparu des archives antiboises, peut-être au lendemain de la prise du pouvoir par le premier Consul. Au XIXe siècle et au début du XXe, Antibes, la cité guerrière qui a dit adieu aux armes, attire les peintres – de Meissonnier à Monet – et plus encore les écrivains – de George Sand, Jules Verne et Maupassant jusqu’à Dos Passos et Scott Fitzgerald.

Extrait de l’ouvrage
Dédicace

En souvenir de mon père
Romuald Dor de la Souchère
1888-1977

Son nom pourrait figurer à la place du mien sur la couverture de cet ouvrage issu de ses recherches et nourri de la substance de tant de documents du passé antibois exhumés, décryptés et transcrits par ses soins.

Archéologue, helléniste et latiniste, il a mis au jour, recueilli ou regroupé les vestiges de l’Antiquité grecque et latine qui sont à l’origine des collections du musée d’Archéologie du Bastion Saint-André. Il fut le fondateur, au château Grimaldi, rénové sur ses instances et sous sa direction, d’un musée d’art et d’histoire, où Pablo Picasso, invité de marque, a œuvré. Enrichi par les présents du grand artiste – fresques, tableaux, sculptures et céramiques – ce musée, qui porte, de ce fait, le nom de Picasso, est l’aîné de tous les musées du monde consacrés au Maître de Malaga.

Mon père avait entrepris – dessein qu’il n’a pu mener à terme – de retracer l’histoire d’Antibes, cette mystérieuse Antipolis, fondée par des Grecs d’Asie Mineure, qui en implorant le secours de Rome contre les tribus ligures de l’arrière-pays, a ouvert aux légions romaines les portes de la Gaule. Municipe romain, puis évêché de Provence, fief des Grimaldi acheté par Henri iv, place de guerre fortifiée par Vauban, Antibes fut, pendant plus de deux siècles, le bastion, maintes fois assiégé, de la frontière française du sud-est. La vaillante petite cité guerrière qui a déposé les armes, devient alors l’un des séjours de prédilection des écrivains et des peintres. Pour évoquer le destin exceptionnel de sa cité d’élection, mon père a engrangé une abondante moisson d’informations. Je devais à sa mémoire de réunir des documents et les pages rédigées, de les classer et de les compléter, en les insérant dans une continuité historique, pour offrir enfin aux lecteurs cette histoire de la ville d’Antibes, qui fut l’un des grands projets de sa vie et le poignant regret de ses dernières années.

Notice biographique
Elena Dor de la Souchère, juriste de formation, diplomate et écrivain, auteur, entre autres ouvrages, d’un essai historique « Explication de l’Espagne », (Ed Grasset), a publié des textes sur l’Espagne et le monde hispanique dans nombre de revues et de journaux français, notamment France-Observateur, Esprit, Preuves, Les Lettres Nouvelles, et a collaboré de façon régulière au Monde Diplomatique et à la revue de Jean-Paul Sartre Les Temps Modernes.