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Historique


Peintures, costumes, outils, écrits, photographies, objets et documents sont rassemblés ici pour évoquer la mémoire d’Antibes, des moments importants de son histoire et l’art de vivre au quotidien au début du XXe siècle.

[…] La ville d’Antibes a déjà une longue histoire : des tessons recueillis sur les alluvions du rocher montrent plus de 3000 ans d’occupation : Déciates et Oxybiens (Celto-Ligures) ont reçu la visite des marins : Ioniens, Phéniciens, Crétois qui commerçaient et passaient. Enfin des Grecs venus de Massilia (Marseille) s’y installèrent faisant bon ménage avec les autochtones. La ville prit alors le nom d’Antipolis, s’étendit, devint prospère et son port gagna en importance. Au 1er siècle avant notre ère, une incursion ligure menace la paix, les Romains appelés au secours s’installent à leur tour et font d’Antipolis un municipe romain.

Le commerce reprend, les conserveries se multiplient. Mais les invasions, les épidémies et les calamités naturelles ont raison de cette quiétude. La ville se dépeuple, la population menacée se groupe sur le rocher. Une coalition de seigneurs provençaux chasse les Sarrasins et, l’un d’entre eux, Rodoard, devient seigneur d’Antibes et édifie son château sur les ruines du castrum. En 1386, avec le rattachement de Nice à la Savoie, Antibes devient ville frontière. Elle le sera pendant plusieurs siècles, jusqu’à ce que, en 1860, Nice se rattache à la France. En 1481 Louis XI annexe la Provence au domaine royal. Antibes est fortifiée par les rois de France successifs. Une tour (Saint-Laurent) est édifiée, moins de 100 ans plus tard les quatre bastions du Fort Carré sont ajoutés, enfin, Louis XIV, un siècle plus tard, transformera la ville en place forte. La Révolution s’était déroulée sans heurt. Mais avec le retour de Nice en 1860, Antibes n’étant plus ville frontière, les Antibois réclament le dérasement de ces murailles. Le ministère mit 35 ans à accepter la chose et la démolition dura 10 ans, de 1895 à 1905, de vieilles photographies racontent au musée ce moment charnière. L’Empire vit passer Bonaparte, général en chef de l’armée d’Italie qui avait installé sa mère et ses sœurs au château Salé, mais au retour de l’île d’Elbe le gouverneur refusa de lui ouvrir ses portes et il dut aborder à Golfe-Juan. […]

La pêche à Antibes
[…]
La plupart des objets qui composent la collection « pêche » du musée provient de la famille Gilli, propriétaire de la tour avant son rachat par la ville pour y installer un musée.
Chaque objet évoque une manière de faire, un rythme de vie.
Il est intéressant de savoir que chaque patron-pêcheur avait sa couleur et sa marque. Pour la famille Gilli, par exemple, la couleur était le vert et la marque MG était apposée au fer rouge sur tous les éléments de la flottille. Ainsi les nasses, gireliers, lèges, écopes, identifiaient le propriétaire et ne donnaient prise à aucune constestation ni dispute.[…]
Pendant des siècles, jusqu’à l’ère du Nylon, les instruments de pêche ont été pratiquement inchangés, c’est ce matériel à la fois ancestral et proche de nous qui est présenté.
[…] Pays de terre cultivable, mais aussi pays à vocation maritime, Antibes a vécu en grande partie au rythme de son port. La ville déjà jalonnée de comptoirs commerciaux ne trouva son équilibre qu’avec les Phocéens, Grecs venus de Marseille, qui s’établirent. C’est alors que la ville se développa, son port connut un trafic important et la pêche une forte extension qui permit l’installation de conserveries. Les Romains vinrent à leur tour, Antipolis, « civita romana », poursuivit sa vocation et développa encore les conserveries et le commerce maritime. […]
A plusieurs reprises, Antipolis, Antiboul ou Antibes a connu un épanouissement commercial, son port recevait de superbes navires chargés de marchandises. (…) Au XIIIe siècle de superbes nefs embarquaient les croisés pour la Terre sainte…
Le costume provençal
Il varie selon les localités, les températures, les groupes sociaux. Dans le musée, on peut voir les vêtements des « dames » qui suivent la mode parisienne, des « damotes » bourgeoises que les couturières habillent en suivant le style parisien apporté par les « gazettes ». Suivent les bastidans et les bastidanes, gros propriétaires terriens qui se distinguent par des culottes de peau, des gilets brodés pour les hommes et pour les femmes des caracos fleuris ou rayés, des jupes matelassées. Au fur et à mesure que le rôle social monte, les tenues sont plus raffinées, plus cossues.
Les tissus de soie, les velours habillent la noblesse et les maîtres des bastides, toutes les femmes, et les tissus rayés servent pour les jupes de paysannes, tissées suivant les modèles en rouge-blanc et bleu-blanc, et rouge-bleu, et leurs jupons de basin. La lingerie est blanche, brodée ou garnie de dentelle. Les coiffes sont subtiles, là encore, on distingue, les bonnets simples en piquet pour travailler aux champs, toutes sortes de broderies et d’ornements pour les artisanes coquettes ou les bastidanes riches. Chacun est adapté à la fois au rang et au visage, les cheveux restant bien tirés dessous.
Antibes et les hydravions
La vocation maritime d’Antibes, qui ne s’est jamais démentie de l’Antiquité à nos jours en passant par les croisades, a connu dans les années 20 et 30 un temps fort avec la création et l’activité de la base aéronavale d’Antibes.
Né en France en 1910, l’hydroaviation prit un grand essor au cours de la Grande Guerre où elle rendit des services éminents. Délaissée par l’armée à la fin des hostilités, elle fut adoptée par l’aviation civile et connut une extraordinaire audience. A Antibes, des pionniers tels que Bague, le comte de Robillard-Cosgnac, les frères Garbero, qui construisirent le premier hydravion à flotteurs qui décolla de l’anse Saint-Roch, s’inscrivent dans l’histoire de l’aviation à l’époque héroïque, les « as » de ce temps conduisaient indifféremment avions ou hydros, amerrissage ou atterrissage n’avaient plus de secrets […].
C’est l’époque où l’anse Saint-Roch – aujourd’hui Port Vauban – connaissait une animation constante avec les arrivées et les départs des avions de ligne, les essais des appareils fabriqués dans les hangars, les hydros en mouillage ou en visite… Des aviateurs célèbres passèrent à Antibes : Maryse Bastie, Mermoz, de Troyat, Reginensi…
C’est en 1919 que la marine, décidant de créer des bases aéronavales, fit appel à des spécialistes ayant fait leurs preuves dans des missions souvent difficiles. C’est ainsi qu’une admirable équipe prit en main les destinées d’une base qui ne cessa de prospérer jusqu’à la guerre de 1939. A cette époque, son activité sous l’occupation italienne, puis allemande, fut mise en sommeil et s’arrêta à la fin de la guerre comme cessa le règne de l’hydroaviation sur les grandes lignes et l’aéropostale : les bases furent peu à peu désarmées, les hangars n’abritèrent plus que des appareils à roues.
Les meubles provençaux

Ils sont typés et originaux. Toutefois, venus de la campagne, ils demeurent longtemps fonctionnels avec des lignes sobres et sans ornement.
C’est au XVIIIe siècle que l’emploi que l’emploi de la gouge donne aux meubles de Basse-Provence le charme que nous leur connaissons. Les « fustiés » (ébénistes) passent du stade rustique à une réalisation plus ouvragée, ornée de marguerites, de soupières et de branches d’olivier.
A Marseille, on utilise souvent les bois exotiques, qui arrivent dans le port par les bateaux, mais le noyer surtout et les arbres fruitiers ont rapidement pris le pas sur tout autre bois (le cyprès, par exemple, longtemps employé). […]



Les Textes qui suivent sont extraits de l’ouvrage de Fernande Basset-Terrusse Musée de la Tour. Histoire et traditions locales, catalogue, Imprimerie Fantino.