Aux yeux des stars du monde entier, la pinède Gould est à l'image de ce que peut représenter la Scala de Milan pour un artiste lyrique : une confirmation et une rencontre exceptionnelle avec le public. Doyen des festivals de jazz en Europe, «Jazz à Juan» reste un formidable creuset où se mélangent toutes les tendances.
10 JUILLET - 20h30 :
Rut hie Foster
JAMES BLUNT
Ruthie Foster - Premier concert «Jazz à Juan».
Hybride ! D’aucuns pourraient croire qu’il s’agit d’un
vilain mot, mais toute pièce ayant son avers, tel n’est
pas le cas lorsqu’il s’agit d’évoquer la musique de Ruthie
Foster. Hybride alors devient fusion, une remarquable
alchimie entre blues, gospel, jazz, roots et folk, le tout
à l’aune de qualités vocales qui ont immédiatement
séduit nombre de critiques, lesquels n’hésitent pas à
évoquer les icônes tutélaires que restent Ella Fitzgerald
ou encore Aretha Franklin.
Mais Ruthie Foster, élue révélation de l’année par les lecteurs de Soulbag Magazine, n’est pas de
ces artistes que l’on enterre vivants sous les couronnes et les lauriers. Force est de reconnaître
que cette native du Texas pourrait en remontrer à beaucoup, tant elle dégage sur scène une
exceptionnelle énergie. Vocaliste, guitariste, pianiste, auteur-compositeur, elle est tout à la fois et
tout simplement… phénoménale (c’est d’ailleurs le titre de son dernier album) ! Si vous n’êtes
pas convaincus, rendez-vous le 10, à la Pinède !
James Blunt - Premier concert «Jazz à Juan»
L’homme est plus complexe qu’il n’y parait. Look rebelle aux cheveux longs, le jeune James,
après avoir abandonné ses études de sociologie et obtenu un diplôme en génie aérospatial,
intègre… l’armée britannique.
Détaché au Kosovo, il remonte le moral des troupes (et le sien!) en
chantonnant du John Lennon. Dans son barda, il n’a évidemment pas oublié sa guitare, qu’il aurait
même attachée à son véhicule blindé. C’est alors qu’il écrit «No
bravery», inspirée des Balkans déchirés par la guerre.
Au bout de quatre années de bons et loyaux services, il quitte
l’uniforme et participe au célèbre festival «South by Southwest»
d’Austin en 2003.
Tilt ! Remarqué par le producteur Tim
Rothrock et Linda Perry, songwriter de Pink, le voici «shooting
star» de l’année 2005, pop-star ultramédiatisée dont les
moindres faits et gestes sont épiés par la presse people. Dur
dur, mais enfin bon : «Le plus important, c’est de faire son truc
et de profiter de la vie. Je suis certain d’une chose. La musique
est mon mode d’expression (…) Je ne suis pas très doué
pour me livrer, sauf dans mes chansons. Quand bien même je
vendrais 100 fois moins d’albums, je resterais musicien dans
l’âme.» Dont acte à… Juan !
11 JUILLET - 20h30 :
DIDIER LOCKWOO D
THOMAS DUTRONC
Didier Lockwood - Ses concerts de «Jazz à Juan» : 1978, 1984, 1986, 1987, 1988, 1990, 1991,
1995, 1998, 2002.
Trois tours du monde et plus de 30 albums, 3000 concerts dans les salles et festivals les plus
prestigieux, dont son 1er Jazz à Juan, voici… 30 ans ! Que dire de Didier Lockwood, sinon qu’il a
été de toutes les grandes aventures du jazz français de ces trente dernières années. Un nom qui
sonne bien, un immense talent, un visage romantique ... Tout concourait à faire de lui une
«mégamédiastar» à vendre du vinyle.
Mais le violoniste a fait vibrer les cordes sensibles des
mélomanes sans entrer dans le moule qui lui était louché.
Encensé, dénigré parfois, il a poursuivi sa route sans louvoyer,
«de coeur à oreille» avec son public.
A l’instar de Stéphane Grappelli, dont «Jazz à Juan» célèbre
cette année le centenaire de la naissance, Didier Lockwood
a soif de musique comme de vie, une musique qui sait ne pas
être que virtuosité et sectarisme. S’il s’est jeté à corps perdu
dans l’aventure, il a toujours refusé de museler son éclectisme
et sa curiosité, voulu échapper aux stéréotypes, sortir le jazz
hors des caves où il s’autocélèbre bien souvent, susciter de
vraies rencontres entre une musique très personnelle et une
tradition qui ne se fait jamais cliché. Rythmique à coups d’archet, cordes grattées, nappes sur
lesquelles il pose des solos fulgurants, des mélodies lancinantes qui s’entrecroisent les unes aux
autres jusqu’à l’explosion sonore. Son violon se fait cri de mouette, vague océane, il s’envole,
s’échappe…
Thomas Dutronc - Ses concerts de « Jazz à Juan » : 2002 (avec Biréli Lagrène & Gipsy
Project).
Pas de chance : il n’est pas né dans la rue, puisqu’il est fils
de son père et de sa mère. Et comme ces deux-là sont
artistes (voire icônes de plusieurs générations), le jeune
Thomas Dutronc n’aurait eu (dixit les mauvaises langues)
qu’à laisser parler les gènes et médiatiser les médias, à
l’aune de la célébrité de ses parents.
Seulement voilà: sans
rien renier de son illustre ascendance, Thomas assume avec
sérénité. Après tout, son ami Mathieu (Chédid !) est bien fils
de Louis, ce qui ne l’empêche pas d’être… lui !
Thomas Dutronc a choisi de marcher sur les traces de ses
parents sans emprunter le même chemin. La musique bien
sûr, il l’avait dans le sang, mais rien n’était écrit avant ce
jour où il croisa, au détour d’un vinyle, la route de Django
Reinhardt. Le titre, il s’en souvient encore: «Nuages», dans
sa version de 1949. Un choc, une révélation ! De lui, de Biréli
Lagrène et autres funambules de la guitare, il a retenu la fougue, la patience, mais aussi l’ouverture
à de nouvelles influences. De rencontres en bistrots, de concerts mouchoir de poche en concerts
nappe damassée, Thomas Dutronc vit sa passion sans se prendre au sérieux. Vous savez pourquoi?
Il prend la musique au sérieux, et… en chantant !
12 JUILLET - 20h30 :
JAMES MORRISSON
AL JARREAU
James Morrison - Premier concert «Jazz à Juan»
Il existe des sympathies si réelles qu’en se rencontrant, on a l’impression de se retrouver. C’est sans doute le sentiment qu’ont partagé ces deux stars de la musique jazz australienne que sont le trompettiste James Morrison et le pianiste Joe Chindamo. Premier instrument à 7 ans, premier groupe à 9 ans, premier concert à 13 ans, grands débuts à 16 ans, avec un concert époustouflant à Monterey… James Morrison fait désormais partie de l’élite. Normal ! Ce Pic de la Mirandole du jazz (il joue d’une bonne douzaine d’instruments !) s’est produit avec des pointures telles Dizzy Gillespie, Cab Calloway, George Benson, Ray Charles, BB King, Wynton Marsalis ou… le London Symphony Orchestra, dirigé par Lalo Schiffrin (pour la «Queen» s’il vous plait !)
Al Jarreau - Ses concerts «Jazz à Juan» : 1981, 1986, 1990, 1993, 1998.
Au nombre de ses maîtres, Al Jarreau compte Jon Hendricks, fils de pasteur lui aussi et vedette en
1961, avec Annie Ross et Dave Lambert, du 2e «Jazz à Juan».
Comme lui, la seule chose que les humains ne puissent lui
enlever, c’est la musique, musique sans étiquette, universelle,
«pour toutes les âmes».
Ses hits lui ont acquis un vaste
public, quitte à se voir considéré suspicieusement par les
oreilles d’une critique qui, pour être sourde, a aussi oublié
parfois de mieux connaître sa musique et sa contribution
essentielle à l’introduction de la rythmique dans le registre
vocal.
Convenons-en : tout cela vaut bien son pesant de
Grammy Awards (5 au total !)
Al Jarreau joue de ses cordes vocales comme un gymnaste
virtuose use et jamais n’abuse de l’extrême souplesse de son
corps. D’une incroyable agilité, sa voix bondit et rebondit
comme un gymnaste sur le trampoline, avec tonicité. La
voici qui se love to love au creux des notes avec une infinie douceur. Puis se mue en un scat
stupéfiant, devient percussions ou contrebasse, avec toujours la même exactitude et le même
swing confondants. Jazz, rhythm’n’ blues, dance ! Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse
: « Je viens de la musique de danse : dans les années 1930 et 1940, les gens dansaient sur le jazz».
Et de conclure avec un immense sourire : «Vous aussi, venez danser sur moi !». Nougaro n’eut
pas dit le contraire, ce soir de retrouvailles!
13 JUILLET - 20h30 :
YARON HERMAN TRIO
JOHN MCLAUGHLIN &
the 4th Dimension
Yaron Herman trio - Premier concert «Jazz à Juan»
Jeune il est vrai ! Mais si la valeur n’attend pas le nombre des années, elle met du temps parfois
à s’affirmer, le temps pour Yaron Herman de renoncer à une carrière de basketteur suite à un
petit pépin pour embrasser, à 16 ans, celle de pianiste.
Oubliés les dribbles et les passes, vivent
les trilles et les passacailles ! Car notre jeune homme aime à citer, au nombre de ses admirations
Keith Jarrett, Paul Bley, John Coltrane, mais aussi… Bach, sans oublier le folklore traditionnel de
ses origines et la musique pop de sa génération (Björk, Beasty Boys…).
Yaron Herman est un cas rare. D’une précocité fulgurante.
Le plus spectaculaire aussi, quand il triture son instrument,
s’immerge dans la musique et s’adonne avec ivresse à ses
frasques musicales, pêle-mêlant pulsation rythmique et legato
chantant, sans pour autant sacrifier à la lisibilité sonore de
l’ensemble. Moderne, émouvant, mélodique, agrémenté de
reprises époustouflantes, son univers est unique, les couleurs
de son piano multiples et le plaisir de participer au festin
qu’il offre total. Claude Carrière, docteur es jazz s’il en est,
ne s’y est pas trompé : «C’est déjà un grand, sa formidable
originalité saute aux oreilles dès la première écoute. C’est
très, très étonnant et rafraîchissant de se trouver face à un
musicien d’une telle originalité. Il est génial !»
John McLaughlin - Ses concerts «Jazz à Juan»: 1974, 1976, 1980, 1982, 1984, 1985, 1988,
1990, 1992, 1994, 1996, 1999.
Vishnu a quatre bras, McLaughlin a dix doigts et la zen
attitude, qui lui ont permis de devenir l’un des grands
artisans de la légendaire histoire du jazz, à travers entre
autres les mémorables concerts de Shakti et du Mahavishnu
Orchestra. Une formation matrice qui, depuis sa création en
1973, ne cesse de le hanter et de resurgir dans sa musique,
en régénérant chaque fois et l’esprit et à la forme. Une quête
de tous les possibles, jamais superficielle, l’histoire d’un
insatiable, insaisissable musicien, toujours à la recherche de
nouvelles pistes à défricher.
Après quarante années d’expérimentations fusionnelles (du
rock au jazz à la musique indienne, de Miles Davis à Ravi
Shankar ou Trilok Gurtu, en passant par Jimmy Hendrix, Al Di
Meola, Paco de Lucia et autres Santana), John McLaughlin reste l’allumeur de réverbères, l’éternel
explorateur syncrétique, portant haut les valeurs d’ouverture, de métissage et de spiritualité au
milieu du magma souvent bien informel des musiques nouvelles.
«Une note veut exister, dit-il.Ecoutez-la pleurer en glissando, crier à 400 décibels, soupirer,
sursauter, résonner, jusqu’à ce qu’elle soit épuisée.»
14 JUILLET - 20h30 :
SASHIRD LAO NICOLE HENRY
(Entrée gratuite à retirer à l’Office de Tourisme)
Sashird Lao - Leurs concerts «Jazz à Juan» : 2007 (Prix
du Public «Jazz à Juan Révélations»).
Ils se définissent eux-mêmes comme « un trio vocal de jazz
instrumental ». De fait, Sashird Lao est peut-être le seul trio
au monde constitué de 3 voix, 2 saxophones, un trombone,
une flûte traversière, une caisse claire, un darbuka, un looper
et autres instruments.
La polyvalence est de mise : chanteurs
et percussionnistes, David Amar et Yona Yacoub jouent du
saxophone, Fred Luzignant du trombone. Une géométrie
variable qui surprend, enchante et transgresse les barrières
habituelles, enchante en tout cas, comme en témoigne l’accueil que leur a réservé la pinède
l’année dernière, à l’occasion des «Jazz à Juan Révélations».
Nicole Henry
Ses concerts «Jazz à Juan» : 2007 (Grand Prix «Jazz à Juan Révélations»).
Nicole Henry est glamour en diable. «Sophisticated lady»
certes, mais de cette sophistication suprême qui confine à
la plus authentique simplicité. D’abord, elle est belle, sans
vulgarité. Et puis elle a une voix rare, une vraie voix jazzy
typée «black», limite soul parfois, et un swing on ne peut plus
naturel, avec lesquels elle redonne, avec une grâce infinie,
leur fraîcheur aux standards qu’elle interprète.
Les Japonais
ne s’y sont pas trompés, qui l’ont honorée d’un «Best New
Jazz Artist» en 2004 et d’un «Best Vocal Jazz Album» en
2005. Le public de «Jazz à Juan» non plus, qui l’a couronnée
«Révélation 2007», pas plus qu’Al Di Meola, admiratif après avoir vu la Dame en concert.
Une jeune femme qui interprète aussi désormais ses propres compositions, riche d’une maturité
tranquille et lumineuse, en se souvenant du son de Détroit dans les années 60, sans rien renier
de ses multiples influences, de James Brown à Tammy Terrell, en passant par Diana Ross & The
Supremes. Alors, tout se télescope et le cocktail se fait euphorique, redonnant à la soul music
toutes ses lettres de noblesse.
22h30 - Feu d’artifice tiré en baie de Juan-les-Pins
15 JUILLET - 20h30 :
SO LOMON BURKE
SHARON JONES & The Dap
King
Solomon Burke - Ses concerts «Jazz à Juan» : 2004, 2005.
Avec Ray Charles et Sam Cooke, Solomon Burke est
considéré comme le co-fondateur de la soul music,
cette synthèse entre le gospel et le rhythm n’blues. Né à
Philadelphie (le 21 mars 1936 ou 40 ?), il collectionne les
tubes dès le début des années 60 («Down in the Alley», «If
You need me»…) et voit les Rolling Stones reprendre deux
de ses succès planétaires : «Cry to Me» et «Everybody
Needs Somebody to Love». Sacré «King of Rock & Soul»,
Solomon Burke se voit ensuite supplanté dans les «charts»
par Otis Redding et devient prédicateur du «Solomon’s
temple», sans pour autant quitter jamais la scène.
Auteur d’un superbe retour en 2002 avec «Don’t give up on
me», le roi Solomon reste une référence. Sa reconnaissance
par des artistes tels Van Morisson, Bob Dylan, Brian Wilson,
Elvis Costello ou Tom Waits prouve assez bien que le talent à l’état pur n’a pas de frontières.
Bourbons, bagues aux doigts et sceptre à la main, Solomon est proprement époustouflant par la
magie de sa voix inimitable… Un sentiment de densité et de richesse accumulées, pour un voyage
inoubliable au pays de la soul.
Sharon Jones & The Dap Kings - Ses concerts «Jazz à Juan» :
2005
Après avoir vibré de toute son âme aux côtés des Four Tops,
Peaches and Herb et autres Maceo Parker, elle est devenue
la «Soul Singer Number One», l’idole «vintage» de toute
une génération. Native comme James Brown d’Augusta, en
Georgie, digne héritière de tous les fantômes de la Motown
(Ah ! Aretha…), Sharon Jones, c’est une énergie brute, ivre de
soul, grande prêtresse d’une transe quasi-divine («sans doute
le truc le plus bouillant, incandescent et hystérique entendu
depuis un moment», dixit Rolling Stones).
Empruntant à Tina Turner ses tenues et son «flow» légendaires,
elle embrase les scènes, accompagnée de ses très prisés «Dap
Kings» (Amy Winehouse adore !). Sa voix grave et suave
est comme une crue inépuisable, se nourrissant de tous les
courants de ce flux continuel, de cette formidable énergie que
le public reçoit au plus profond du coeur et de l’âme.
Depuis sa
première apparition à Juan, la «Soul Sister n°1» et ses « Dap Kings » se sont imposés comme les
maîtres incontestés du genre, avec ce petit grain de folie permanent qui confine au génie. Alleluia
Sharon!
16 JUILLET - 20h30 :
ROY HARGROVE
MARCUS MILLER
Roy Hargrove Acoustic Quintet - Ses concerts à Juan : 1994, 2007.
Roy Hargrove, c’est un peu le Nicolas de Staël de la trompette
jazz. Jamais la même chose ! Trompettiste emblématique,
enfant prodige aimé des anciens, mais aussi admiré des plus
jeunes pour sa capacité à s’exprimer avec une fougue qui ne
doit en rien à ses plus illustres prédécesseurs, il a su imposer
sa musique et son style, rallier le public issu du hip-hop et du
R’n’B aux adeptes d’un jazz plus acoustique, plus pur.
Une maîtrise fabuleuse, un tempérament de feu, feu sacré
trempé dans la tradition de son instrument… Le public de
Juan l’année dernière en est resté «scotché». D’ailleurs, il
suffit de lire la liste impressionnante de tous ceux qui l’ont invité sur scène ou sur disque : des
légendes du Jazz comme Sonny Rollins, des vétérans de la pop comme Diana Ross, sans oublier
la crème des crèmes des divas du Jazz : Carmen McRae ou encore la regrettée Shirley Horn. Sur
scène, c’est pareil : son énergie brute est intacte, que la soul et le rap ont maintenue en ébullition,
que l’afrobeat a secouée, tout comme le groove. Normal non, quand on s’appelle Hardgrove ?
Marcus Miller - Ses concerts « Jazz à Juan» : 1996, 1998, 2001,
2002, 2003, 2005.
Bassiste, multi-instrumentiste, chanteur, compositeur et arrangeur,
Marcus Miller a redonné à la basse solo ses lettres de noblesse
sur des lignes de fusion, de jazz-rock, de funk, de rock et de blues,
le tout avec un «slap» et une rapidité d’exécution qui laissent
pantois. Compagnon d’armes de Miles Davis dans le phénoménal
album «Tutu», partenaire de Kenny Garrett, d’Herbie Hancock,
complice impeccable de Marsalis, Wayne Shorter, « M2 » (les 2 M
de Marcus et de Miller) a façonné le destin du jazz moderne entre ses doigts de feu, un jazz-funk
survitaminé.
«Superman de la Soul», véritable gourou de la basse pour toute une génération enthousiasmée
par sa technique impressionnante, à la sonorité à la fois chaude et métallique immédiatement
reconnaissable, ce bassiste d’exception sait aussi faire preuve d’un éclectisme en tous points
surprenant, jouant aussi bien des synthétiseurs, de la clarinette basse, des claviers, de la guitare,
électrique ou acoustique, du saxophone, de la batterie… Le tout coiffé de son éternel chapeau
noir à bords ronds, digne en tout point de l’admiration que lui portait le grand Miles : «Regardezle,
il marche même en mesure !».
17 JUILLET - 20h30 :
SOIREE TSF REVELATIONS 2008
TSF Jazz à Juan Révélations
Aux yeux des stars du monde entier, la pinède Gould symbolise depuis 1960 ce que peut représenter
la Scala de Milan pour un artiste lyrique : une confirmation et une rencontre exceptionnelle avec
le public, cocktail idéal pour lieu de légende.
C’est pourquoi 2003 a vu la naissance des «Jazz à Juan Révélations», un évènement d’envergure
internationale dont la principale vocation est de saluer et encourager les forces vives du jazz, en
sorte qu’aujourd’hui plus que jamais, la tradition perdure tout en restant modernité.
Nombreux les artistes venus partager leur passion à l’occasion de ces «joutes» qui leur ont
permis de s’affirmer plus encore sur la scène jazz internationale.
Sont nommées cette année en catégorie Jazz Vocal :
STEPHY HAIK
Baignée depuis son plus jeune âge dans l’élixir jazz, Stephy Haik est
une habituée des vols transatlantiques, non pas tant du fait de ses
origines francoaméricaines, mais bien plutôt pour son exceptionnel
talent d¹interprétation. De fait, cette jeune et prometteuse chanteuse
ne manque pas… d’audaces, qu’elle s’autorise superbement pour
dépoussiérer les standards et se les approprier, faisant de chaque
air qu’elle interprète une page de sa propre existence. Swing,
aisance vocale…
Autant de qualités qui lui ont valu de collaborer
ou se produire en compagnie d’artistes tels André Ceccarelli, Bireli
Lagrene, Lambert Wilson ou encore Pierre Christophe.
DIANA PANTON
L’on dit beaucoup de bien d’elle Outre-atlantique, et force est
de reconnaître que depuis sa découverte par le célèbre multi
instrumentiste canadien Don Thompson, cette chanteuse rare
autant que précoce a déjà fait la Une des magazines et récolté moult
honneurs, dont le «Best Jazz Recording» lors des «Hamilton Music
Awards».
Ajoutez à cela une Maîtrise en littérature française, beaucoup de
profondeur et une réelle émotion qui sourdent de chacune de ses
interprétations, et voilà une interprète «Aesthetically wonderful»,
«so soulful», qui n’en a pas fini de tenir ses promesses !
NATHALIE SOLES
Nathalie Soles est née deux fois au moins. La première en France,
d’une mère italienne et d’un père togolais, puis au Maroc, où elle a
passé la majeure partie de son enfance. La deuxième en rencontrant
l’immense Dizzy Gillespie, qui lui déclare tout de go : «Girl, you have
to keep singing !» Du coup, ce qui est dit sera, et elle s’envole pour
le Québec (destination Montréal), où elle pourra donner la pleine
mesure de son talent dans le club mythique de Charlie Biddle. Par la
suite, la Nouvelle Orléans, les USA, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis
et le Japon ont pu apprécier à sa juste mesure son impressionnant registre naturel de quatre
octaves et demie.
VIRGINIE TEYCHENE
Avoir un père mélomane, cela ne peut qu’éveiller le goût de la belle
ouvrage. De la Callas à Mahalia, de Billie à Ella ou Sarah, mais aussi
(moins fréquent) de Chet Baker à Joao Gilberto, la jeune Virginie se
forge, en autodidacte, une solide technique vocale ainsi qu’une vaste
et profonde culture de l’art vocal noir américain. Au terme de ce
mûrissement, la voici qui interprète sa petite musique bien à elle,
mêlant sincérité de l’émotion et vitalité de l’improvisation, maîtrisant
à merveille l’art de la fausse simplicité, du retour à l’essentiel, entre
sophistication décontractée et sens inné du swing.
18 JUILLET - 21h :
KEITH JARRETT, Gary
Peacock et Jack
dejohnette
Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack DeJohnette - Les concerts «Jazz à Juan» : 1966, 1974,
1976, 1979. En trio : 1985, 1986, 1989, 1990, 1991, 1993, 1995, 1996, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004,
2005, 2006, 2007…
On ne découvre plus Keith Jarrett, on le retrouve ! Depuis
1966 et son apparition au sein du quartet de Charles
Lloyd (à 21 ans !), il est devenu, avec Gary Peacock et Jack
DeJohnette, une véritable institution. Une musique hors
du temps jaillit, explorant attentivement un riche trésor
qui constitue l’essence même du jazz.
Chacun ne peut que
se réjouir de la fidélité à Antibes Juan-les-Pins de ce trio
exceptionnel qui déploie son élégance, non sans remettre
tout en jeu pour dépasser l’acquis, inventer, surprendre,
proposer une musique toujours en devenir.
Comme le souligne Guillaume Lemaître : «Jack DeJohnette ne joue que ce qui est absolument
nécessaire à la musique. Parfois juste un ticatic sur la cloche d’une cymbale. Comme l’évidence du
swing. Parfois le silence comme la plus belle des réponses. Soudain, il lui prend l’envie de renverser
des couleurs fauves sur la page sombre de la nuit méditerranéenne. Et Gary Peacock, d’une ligne
de contrebasse, s’empare de ces teintes violentes pour souligner les contours de l’arabesque. Car
c’est lui qui mène la danse de l’harmonie. A Keith Jarrett la mélodie, le chant, la voix.»
19 JUILLET - 20h30 :
WOMEN OF CHICAGO BLUES
BILL WYMAN & The Rhythm
Kings.
Women of Chicago Blues - Premier concert à «Jazz à Juan».
Attention ! Les trois Dames de Chicago, ce n’est pas de la
gnognotte ! Trois pointures plutôt, et pas taille fillette!
La preuve par trois d’ailleurs, puisque «Jazz à Juan» accueille
avec elles les ambassadrices ultra-régénérantes du fameux
blues de Chicago, longtemps terre promise pour des millions
d’immigrés noirs fuyant la misère et la ségrégation du Sud,
devenue berceau du blues urbain au début du 20e siècle.
Le Chicago Blues, c’est l’émergence, après la Deuxième
Guerre mondiale, d’un blues électrique joué en groupe, un
blues énergique aux voix puissantes.
Muddy Waters, Howlin’Wolf, Elmore James, Buddy Guy, B.B
King et tant d’autres, ont fait de «la ville du vent et du
blues» une capitale mondiale.
Dignes représentantes de ce genre, Deitra Farr, Zora Young
et Grana Louise sont trois des plus grandes chanteuses actuelles de Chicago. De redoutables
artistes à l’énergie débordante, capables de faire se lever n’importe quelle salle. Rares et explosives,
elles ne lésinent pas sur le talent et l’enthousiasme. Ce n’est pas compliqué, elles vous saisissent
à la gorge, elles vous titillent la trompe d’Eustache, elles vous excitent le pavillon, les mains se
lèvent et scandent, les corps se meuvent et les yeux s’émeuvent… Bref! Elles vous prennent…
tout entier. Vous en sortez tout chaviré.
Bill Wyman - Premier concert «Jazz à Juan».
Trente années durant, il aura été le bassiste des «Pierres qui roulent» (Ah ! Le riff de «Jumpin’ Jack
Flash» !). Salué par Jimmy Hendrix dans la revue… Rolling Stones, Bill Wyman s’est depuis émancipé
des strass et des paillettes du Rock’n’ Roll Show, des accoutrements
abracadabrantesques de Mick Jagger et des attitudes provocatrices
de Keith Richards, des stades gigantesques qui ressemblaient plus
«au débarquement en Normandie qu’à un concert de rock». Pour
jouer cette fois une musique qui lui corresponde plus intimement.
«Quand j’étais enfant, le rock’n roll n’avait pas encore émergé.
La bonne musique n’était pas si répandue à cette époque. Alors
j’écoutais du jazz de temps à autre au sein de ma famille: Fats Waller,
Louis Armstrong...» Et lorsque l’on sait que les Stones prirent ce nom
en hommage à leur idole Muddy Waters, alors même que Wyman
venait remplacer Dick Taylor à la basse (1962), l’on se réjouit de
voir ce cher Bill, désormais «Stone alone» de son plein gré, revenir
à la musique qui l’anime et qu’il aime : le blues.
Pas seulement le
Blues d’ailleurs, mais aussi le Boogie, le Rockabilly, le Rock’n’Roll, le
Rhythm and Blues et…le Jazz ! A Juan !
20 JUILLET - 20h30
SOIREE GOSPEL (entrée libre)
Nicole Slack Jones &
the Soul Sisters
20 Juillet
«Jazz à Juan» est le seul festival européen qui a toujours considéré le « chant de l’âme » comme
la source sacrée du jazz. A preuve: en 1960, la première édition accueillait Sister Rosetta Tharpe.
Puis Ray Charles, Dionne Warwick, Nina Simone, Marion Williams, Mahalia Jackson, James Brown,
The Neville brothers, Marva Wright etc. L’un des temps forts du festivalier juanais reste, chaque
année dans la pinède, la traditionnelle célébration Gospel réunissant les communautés catholique
et protestante. Un rendez-vous plein de ferveur au coeur de la cité de «la joie de vivre» chère au
coeur de Picasso et d’un certain… Sidney Bechet.
Nicole Slack Jones & the Soul Sisters - Premier concert «Jazz à Juan»
Native de la Nouvelle-Orléans, Nicole Slack-Jones a trouvé sa voix dès l’âge de cinq ans au sein
du Saint-Paul COGIC Church Choir, principale chorale pentecôtiste de son secteur louisianais. La
petite a de qui tenir : mère chanteuse, père saxophoniste de
jazz ; l’évidence va très vite s’imposer, le temps d’abandonner
ses tresses adolescentes pour une coiffure plus… glamour
!
Avec un coeur «grand comme ça», elle collabore avec
le chanteur de gospel Raymond Myles dans un projet de
réinsertion par le chant choral des jeunes de Crescent
City, puis croise bientôt la route R&B de Beyonce Knowles,
dont elle devient choriste. Elle se produit également avec
les Big Easy Groovers, entre autre sur la scène mythique
du New Orleans Jazz & Heritage Festival.
Suivant une tradition largement illustrée dès les années 60
par Aretha Franklin, ou encore par Yolanda Adams dans les années 90, Nicole Slack Jones va
mener alors son petit bonhomme de sacré chemin, fréquentant tour à tour les textes bibliques
et le registre profane des ballades énamourées, trouvant sa voie dans une synthèse harmonieuse
de soul et de gospel, le tout mâtiné d’une touche R&B résolument contemporaine. A quoi il
convient d’ajouter sa faculté rare, atavique, de créer la tension et le vertige d’un seul feulement,
d’un émouvant trémolo, d’une magnifique arabesque. Classe, grâce, charisme et… supplément
d’âme !
Le OFF de «JAZZ A JUAN»
«Jazz à Juan», c’est aussi un état d’esprit, une ville entière qui se
met au diapason de l’évènement. Durant le festival, en avant- première de chaque concert, Antibes Juan-les-Pins swingue toutes tendances confondues sur les scènes de la petite pinède et de la place De-Gaulle, avec Gadjo Combo, Malcom Potter, Aaron Choulaî, Jean-Paul Elysée, Henry Ford Big Band, They have shared the concert stage with Maynard Ferguson and Count Basie Orchestra. Post Image, Friends University Jazz Ensemble et Bo Weavil.
Dans la grande tradition de «Jazz à Juan», chaque soir après le concert, la fête du Jazz continue à l’Eden Jazz club du casino de Juan. L’heure est au «Bœuf» avec les musiciens de «Jazz à Juan» et Mike Reinhardt, Stéphan Patry, François Morin (les 10 et 13), le jeune et brillantissime pianiste Aaron Choulai (le 12), Pierre Christophe, Prix Django Reinhardt 2007 (le 14), un plateau d’enfer réunissant Mourad Benhammou, Pierre Christophe, Raphaël Dever et Fabien Mary (du 15 au 18) et OC Blues (les 19 et 20).
Enfin, «Jazz à Juan» fait la fête dans les rues, fidèle à la tradition initiée par celui qui fut le Père spirituel du Festival : Sidney Bechet. A l’affiche : Allegria Brass Band (dix musiciens du Grand-Sud pour un voyage instrumental au cœur d’une musique singulièrement épicée) et Les Jazzticots (une formation azuréenne pleine de vitalité interprétant les grands morceaux d’anthologie de la Nouvelle-Orléans).