Elodie Lorandi, une vie au fil de l'eau

L’Antiboise est l’une de nos plus grandes championnes de natation. Rencontre avec une jeune femme heureuse comme une grenouille dans l’eau…

2015 Infoville 44L'eau est son élément.
Un élément dans lequel elle baigne depuis sa plus tendre enfance suite à une maladie orpheline qui a entraîné une atrophie partielle de sa jambe gauche. “À l’âge de 3 ans, on m’a mise dans l’eau pour pratiquer une rééducation à Palavas-les-Flots. À 5 ans, j’ai demandé à mes parents de m’inscrire dans un club de natation. C’est là que je débute au Cercle des Nageurs de Cannes jusqu’à mes 13 ans avant de rejoindre Nice pendant 3 ans” explique la nageuse.

Un palmarès impressionnant
En 2006, à 16 ans, sa carrière prend un virage fondamental lorsqu’elle intègre l’équipe de France paralympique et décroche son 1er titre mondial à Durban en Afrique du Sud. Elle rejoint alors le Cercle des Nageurs d’Antibes et rencontre son futur entraîneur, Régis Gautier.
“Je voulais rejoindre le CNA pour aller encore plus haut. Avec mon titre mondial, je me suis aperçue que je pouvais faire quelque chose en handisport. J’ai contacté Franck Esposito, alors manageur général, pour me trouver un coach et intégrer le Pôle France. On me présente alors Régis qui ne connaît pas la natation handisport mais qui comme moi voulait aller aux Jeux Olympiques, ou plutôt Paralympiques. Depuis 10 ans, on vit une belle aventure avec des hauts et des bas, mais c’est top” ajoute l’Antiboise dans un grand sourire.
En 2008, Élodie obtient l’argent aux Jeux de Pékin et depuis elle collectionne les titres et les records avec notamment 4 médailles lors des Jeux Paralympiques de Londres en 2012 dont l’or sur le 400m nage libre, sa distance de prédilection. Pour son amie Coralie Balmy, membre de l’équipe de France, Élodie est “une grande championne au
palmarès que chacun rêve d’avoir”. “Élodie a fait de son handicap une force. Elle fait les choses à fond. Elle est exigeante envers moi mais surtout envers elle-même. On a appris à se connaître et nous sommes de devenus de très grands amis” ajoute Régis.
Soutenue par ses parents, ses premiers supporters, l’Antiboise est, en effet, devenue une des reines de sa discipline. Alain et Patricia suivent avec assiduité sa carrière. “Je suis très proche d’eux et ils n’ont jamais loupé une compétition. J’ai besoin de leur présence au bord du bassin, cela me rassure et me motive” avoue celle que sa famille surnomme affectueusement “la grenouille”.

Rio dernier défi
2015 Infoville 44 2Mais en octobre 2014, le monde d’Élodie s’écroule avec le décès de son grand-père, dont elle garde le souvenir gravé avec un tatouage sur le poignet. La nageuse ne trouve alors plus l’énergie de continuer. Pourtant malgré la douleur et des résultats moyens, Élodie replonge et poursuit sa carrière avec le soutien de son coach. Détachée à 100 % comme civil militaire par le Ministère de la Défense, la championne s’entraîne à raison de 45km hebdomadaires. Titulaire d’un BEP carrière sanitaire et sociale petite enfance, elle envisage d’ailleurs de travailler dans l’armée et le médical après avoir raccroché son maillot.
En dehors de la piscine, cette bonne vivante s’astreint une hygiène de vie et beaucoup de repos sans pour autant délaisser ses amis, le shopping, le yoga et la Zumba ! Mais avant de quitter les bassins et de vivre une autre vie,
la licenciée d’Handisport Antibes Méditerranée a en point de mire les Jeux de Rio en septembre 2016 où elle espère conserver son titre du 400m et pourquoi pas battre le record du monde. Sans oublier les Championnats d’Europe au Portugal en juin.
“Rio est un objectif que j’ai en tête mais je ne me mets pas de pression! Pour décrocher l’or, il faudra nager très vite… Dans l’eau et sur le plot de départ, je suis dans ma bulle, je me concentre. C’est à moi de jouer. Rio c’est pour moi et pour mon papi” prévient Élodie avec émotion.
Le Brésil ? Un dernier défi pour cette immense championne avant peut-être d’arrêter lors des Mondiaux 2017 de Mexico, histoire de conclure à 28 ans et en beauté 11 années au plus haut niveau…

Portrait à retrouver dans l'Infoville n°44, pages 12-13

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord.

J'ai compris