Marianne Estène-Chauvin, le "Belles Rives" pour passion

La présidente du groupe "Belles Rives" règne depuis 17 ans avec élégance et leadership sur l'un des palaces les plus mythiques de la Côte d'Azur. L'établissement 5 étoiles, inscrit au patrimoine de l'histoire de Juan-les-Pins et d'une tradition familiale exigeante a, sous l'impulsion de sa célèbre propriétaire, pris le virage de la modernité entre luxe, calme et volupté ...

20180410 Infoville 58Au bar Fitzgerald - inscrit au cercle très fermé des Cafés Historiques et Patrimoniaux d'Europe - l'on termine de dépoussiérer les pampilles et une "baigneuse" Art Déco reprend sa place sur la grande table miroir. Dans un étonnant ballet, où chacun connaît parfaitement sa partition, et sous le regard éclairé de sa présidence, le "Belles Rives" se réveille d'un court sommeil hivernal.
Tandis qu'elle nous parle, d'un imperceptible hochement de tête, Marianne Estène-Chauvin, marque discrètement son approbation à chaque placement du précieux mobilier années 30. Chaque seconde, elle veille sur cette prestigieuse maison familiale, comme avant elle ses grands-parents Boma et Simone, fondateurs en 1929 du "Belles Rives". "C'est un peu inné, je sais exactement la place de chaque objet, de chaque meuble pour qu'il soit mis en valeur dans la pièce". Un don et une exigence hérités de sa grand-mère qui très tôt l'a associée à la vie et aux contingences de l'hôtel. "J'ai grandi à Paris, mais à toutes les vacances je descendais aux "Belles Rives''. Ce sont mes plus beaux souvenirs. Ma grand-mère m'em­menait choisir le linge, les tissus, la passementerie ... J'ai dans la tête des images de retour du marché avec des tables fabuleuses débordant de fruits, de poissons, de pâtisseries colorées et gourmandes ... "

Un passé exceptionnel...

Imprégnée de l'incroyable histoire de son établissement, Marianne revient sur le passé prestigieux du "Belles Rives''. "Mon grand-père Boma, jeune immigré russe a rencontré ma grand­-mère Simone à un arrêt de bus quelque part entre Cannes et Antibes. Les parents de Simone tenaient une pension de famille anglaise sur les hauteurs de Juan". Nous sommes dans les années 20. À l'époque, quelques rares villas peuplent cette anse du Cap d'Antibes. Elles sont occupées par d'extravagants Américains qui écoutent du jazz, dansent le charleston, circulent en bolides, sculptent leur corps et font la fête jour et nuit. .. "Parmi les plus célebres figure le couple Scott et Zelda Fitzgerald qui occupe la villa Saint-Louis en 1925 et 26. Quand les Fitzgerald partent mon grand-père a l'idée, inspirée par le style de vie des Américains, de louer cette maison du bord de mer pour la transformer en hôtel en 1929. Puis il l'agrandira en 3 étapes pour accueillir une clientèle haut de gamme qui aime la plage, le soleil et écouter Grapelli et Django Reinhardt sur la terrasse du "Belles Rives". Avec ces touristes, riches et célèbres, la Côte d'Azur se transforme en un lieu de villégiature estival où l'on voue un culte éperdu au soleil, à la Méditerranée et au luxe.
Au décès de Boma Estène, dans les années 70, se pose la question de la succession entre les 3 enfants du couple : Georges, le père de Marianne, Raïna et Casimir. C'est finalement le plus jeune, Casimir, qui viendra travailler auprès de sa mère.

A l'heure de la succession

Marianne quant à elle est attendue sur d'autres théâtres. "En réalité rien ne me prédestinait à prendre La suite du "Belles Rives" même si j'ai toujours été passionnée par cet établissement, son histoire, son esprit. J'ai grandi à Paris dans une famille très classique où ma mere me voyait bien orthophoniste ou bibliothécaire ... Mes études m'ont conduite vers l'école du louvre et à l'Institut Michelet avant de tenir une galerie d'art contemporain, puis de partir m'installer au Maroc avec mon mari. Pendant mes études à Paris je passais tous mes étés au "Belles Rives''. Sans même le savoir, en participant à toutes les tâches de l'hôtel, je me préparais à prendre la suite. En rentrant du Maroc, j'ai travaillé 10 ans avec mon oncle Casimir. Mais c'est seulement en 1998 lorsque la question de la vente du "Belles Rives" s'est posée que, pour la premiere fois, j'ai exprimé à ma famille mon désir de prendre la suite ... Une bataille s'engage alors pour convaincre la famille et les banquiers. L'un d'eux d'une petite caisse locale me donnera ma chance ... "

Un des plus beaux palaces de la Côte d'Azur

En 2001, Marianne devient présidente du "Belles Rives" et lui offre de nouvelles ambitions: l'hôtel ouvre 8 mois par an, "La Passagere'' est couronnée d'une étoile au Michelin en 2016, la plage transformée avec un restaurant et des soirées lounge ... En 2006, pour se développer, Marianne fait l'acquisition du Juana, hôtel voisin de Juan-les-Pins. En 2009, le "Belles Rives" décroche une 5e étoile. Il est également sacré à deux reprises "plus bel hôtel de charme d'Europe". Une réussire exemplaire dans le domaine de l'hôtellerie de Iuxe.
Ce qui le caractérise ? "Aujourd'hui Le "Belles Rives" reste à la fois tres ancré dans le patrimoine de Juan-les-Pins et dans le cœur des Antibois. Et en même temps, il constitue un fleuron de l'hôtellerie de luxe de la Côte d'Azur. Un cliché qui fait rêver une clientele internationale avec ses balcons années folles, ses palmiers et sa mer turquoise ... Or, plus un établissement est ancien, plus il faut l'inscrire dans la modernité. Pour cela, je n ai eu de cesse que d'inventer de nouveaux rendez-vous comme le Grand Prix Littéraire Fitzgerald ou les soirées Villas. Cette année, nous célébrerons le 30e Grand Prix de Juan-Les-Pins avec le "Belles Rives Ski Nautique Club" et sa célebre pyramide. En 2018, je lance aussi "Parcours céramiques"; vente aux encheres spécialisée dans les céramiques années 50. Et, en septembre, nous inaugurons l'ouverture par deux maisons historiques du Cap d'Antibes, les Rosiéristes Meilland et le "Belles Rives" du "Bal Meilland" sur le thème du retour de la culture de la rose et des grands parfumeurs français".
L'histoire d'un héritage hors du commun que Marianne a su prolonger avec passion avec une élégance rare.

Portrait à retrouver dans l'Infoville n°58 pages 14-15

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