Guillaume Musso

Retour aux racines...

C’est Antibes, que l’auteur le plus lu en France, a choisi d’offrir pour écrin à son dernier roman, “La jeune fille et la nuit”. “Un campus prestigieux figé sous la neige, trois amis liés par un secret tragique…”
Du port Vauban, au sentier de Tire Poil, un thriller palpitant, au coeur de sa ville natale.

20180716 musso2Cela faisait longtemps que vous aviez envie d’offrir Antibes pour décor à l’un de vos romans ?
Dès que j’ai commencé à écrire j’ai eu très envie de situer un de mes romans sur la Côte et en particulier à Antibes. Mais en littérature le désir ne suffit pas toujours... et du point de vue de mon imaginaire, il m’était plus simple de situer mes histoires aux États-Unis dans un décor éloigné de mon quotidien. Et puis il y a deux ou trois ans les couleurs de la Méditerranée ont ressurgi et le mystère de la création a fonctionné...

L’intrigue et les personnages auraient-ils été semblables sous d’autres horizons ?
Depuis six ou sept ans j’avais dans mes carnets les ressorts de cette intrigue policière qui à la base se passait à Haward. Mais je ne me trouvais pas grande légitimité à écrire sur une fac américaine. J’ai transposé les rouages policiers en France sur un campus à Sophia Antipolis et les personnages ont pris une autre couleur plus liée à l’histoire de la Côte d’Azur depuis 25 ans. L’intrigue se noue une après-midi d’hiver 1992 alors que la région est paralysée par la neige. C’était un véritable plaisir de me replonger dans ces périodes de mon adolescence. En m’insérant dans la bande originale de l’époque, les Stones, Radiohead ou U2, des souvenirs et des atmosphères sont remontées à la surface.

Les lieux que vous évoquez comme le sentier de Tire-Poil, le marché provençal ou le port Vauban sont des endroits que vous affectionnez particulièrement ?
Ce sont des lieux inscrits dans ma vie de l’époque et où je retourne souvent. La première fois où j’ai vraiment découvert la beauté du sentier du Littoral c’était entre 16 et 18 ans quand l’été j’avais un petit boulot saisonnier à la Ville et je nettoyais les plages. Mon moment préféré c’était quand, très tôt le matin, on allait sur les rochers du sentier du Cap. L’endroit était encore désert et mystérieux. Mais iI peut vite devenir dangereux quand la tempête se lève... Chaque fois que des gens viennent me voir à Antibes c’est là que je les emmène et ça fait à chaque fois son petit effet...

À chaque page, l’intrigue se renforce…Le lecteur n’a pas le temps de reprendre son souffle. En commençant le livre vous connaissez déjà la fin ?
Pour un roman à suspense comme celui-là, c’est une obligation ! L’auteur américain, Dennis Lehane, appelle cela une “bonne tuyauterie” puis il ajoute “mais nous les auteurs, nous ne sommes pas des plombiers !”
Tout est dit ! Pour un bon policier il faut une mécanique solide que l’on va enrichir au fur et à mesure avec des personnages, des émotions, des ambiguïtés et c’est cet équilibre assez subtil qui pour moi fait un bon polar !

Un des personnages du livre se présente aux législatives... Faut-il y voir un clin d’oeil aux élus locaux...
Tout à fait ! Il se présente dans la 7e circonscription. En revanche c’est là où la réalité ne rejoint pas la fiction puisque c’est le candidat d’En Marche qui remporte l’élection (rires) ! Nous en avons parlé avec Jean Leonetti et Éric Pauget et ils ont pris cela avec beaucoup d’humour. En plus le roman a été accueilli de manière très chaleureuse par les Antibois et Juanais qui me l’ont fait savoir…

Vos romans sont traduits dans une quarantaine de langues, vous êtes l’ambassadeur d’Antibes à travers le monde...
Pour celui-là en particulier, le roman a déjà été acheté par une vingtaine d’éditeurs. Ils aiment l’idée que le roman soit un Campus novel, genre littéraire très prisé aux États-Unis. L’histoire est transférée sur la French Riviera qui n’est pas vue comme une simple carte postale, mais comme un lieu authentique puisque le livre est écrit par quelqu’un qui y a réellement vécu ! C’est la remarque qui revient le plus souvent de la part des premiers éditeurs et lecteurs étrangers.

Quels liens entretenez-vous avec Thomas le personnage central ?
J’ai pris l’habitude de dire que c’est un livre personnel mais pas autobiographique. Le personnage a mon âge. Comme moi, il est écrivain et antibois. Pour le reste c’est un polar très loin de ma vie... En revanche, lorsque Thomas décrit son rapport à la lecture et à l’écriture c’est moi à 95 % ! À la différence près que pour lui, l’écriture est une échappatoire à la vie. Moi, je reprendrais plus l’interprétation de Bernard Pivot qui dit “Lire, ce n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes.”
Certes, c’est aussi se retirer momentanément dans un livre mais pour y revenir enrichi d’idées et de sentiments nouveaux. Je pense à cette citation d’Umberto Eco : “Celui qui ne lit pas aura vécu une seule vie. Celui qui lit, aura vécu 5000 ans…” Lire c’est s’offrir plusieurs vies...

A retrouver dans l'Infoville n°59 page 34

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