
À l’entrée d’Antibes, sur le bord de mer jusqu’au Fort Carré, la digue du chemin de fer constitue un obstacle à l’écoulement des eaux pluviales vers la mer.
De l’autre côté des voies ferrées, le quartier du Val Claret, par sa forme de cuvette naturelle, est soumis aux aléas climatiques. La canalisation et l’exutoire en mer existants n’étaient plus suffisants pour lutter contre les crues décennales.
Pour diminuer le risque d’inondations dans ce secteur constructible (1), deux nouvelles canalisations souterraines relieront le boulevard du Val Claret à la mer. À terme, l’évacuation des eaux pluviales sera de 7m3/s, contre 1,5m3/s aujourd’hui.
Ce chantier se déroule en trois phases. La première, en cours, consiste à installer ces deux canalisations sous les voies ferrées sans interrompre la circulation des trains.
Pour réaliser cette prouesse technique, un microtunnelier a creusé deux trous d’un mètre de diamètre sur une distance de 60 mètres. De part et d’autre, deux puits ont permis d’introduire et de sortir cette machine spécifiquement conçue pour ce chantier (voir encadré).
FIN DES TRAVAUX EN 2027
La deuxième phase des travaux permettra de raccorder les deux canalisations au boulevard du Val Claret. Cette partie sera aussi complexe et nécessitera de dévoyer un important réseau de gaz.
Enfin, la dernière phase reliera les canalisations à la mer avec un passage sous la RD6098. La circulation sera également maintenue. L’exutoire en mer sera rendu plus performant par un nouvel ouvrage qui minimisera l’effet de la houle sur l’évacuation des eaux.
L’intégralité du chantier devrait prendre fin en 2027 pour un montant total de 6 M€ pris en charge par la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA), compétente en matière de prévention des inondations.
(1) sous conditions dictées par le Plan de Prévention des Risques inondation.
COMMENT FONCTIONNE LE MICRO TUNNELIER
Dans la tradition des ouvriers miniers, dont la patronne est Sainte Barbe, le micro-tunnelier est baptisé du nom d’une femme pour leur garantir protection et chance durant leur chantier.
C’est donc grâce à Valérie que le risque d’inondations sera diminué au Val Claret. C’est le prénom tout trouvé de Valérie Emphoux, directrice de la Gestion des Milieux Aquatiques et la Prévention des Inondations à la CASA.
Ce cylindre dispose, à sa tête, d’une roue de coupe composée de molettes pour casser la roche et de couteaux pour gratter les terrains meubles. Les tuyaux des canalisations sont positionnés derrière le micro-tunnelier jusqu’au puits de sortie. Au fur et à mesure que la machine creuse, les gravats sont remontés dans un tuyau grâce à une argile, la bentonite. Celle-ci est injectée vers le micro-tunnelier puis aspirée vers la surface. Une fois remontés, les déblais sont séparés de la bentonite. Cette dernière est ensuite réutilisée pour continuer l’opération.

