La zone de mouillage en mode été
Mise en place il y a un an, la Zone de Mouillage et d’Équipement Léger (ZMEL) de l’anse du Croûton repasse en mode été. Une cinquantaine de bouées de mouillage sont installées sur une zone de plus de 20 hectares entre la digue du port Gallice et le large de la pointe du Graillon. Ce dispositif environnemental précurseur est gratuit et accessible aux navires d’une taille inférieure à 24 m. Le site marin, situé en plein coeur de la zone Natura 2000, peut accueillir jusqu’à 150 navires par jour lors des pics de fréquentation. Les bouées permettent aux navires de s’amarrer en évitant de jeter l’ancre et de ratisser les fonds marins.
Un premier bilan des statistiques d’occupation montre que la zone n’a jamais été surexploitée même en haute saison. Le dispositif a permis de supprimer l’impact du mouillage sur les posidonies, ce qui permet d’envisager des opérations de restauration des fonds grâce à des projets de repiquage des herbiers. Herbiers garants de l’écosystème et, on le sait moins, de la clarté de l’eau. En effet, si les fonds du littoral antibois sont si limpides, c’est grâce aux champs de posidonies qui empêchent la turbidité des fonds en retenant les sédiments soulevés par la houle.
Signalons encore que cette zone n’est pas un port. Aussi, la baignade et les activités nautiques non motorisées, comme la pratique « palmes-masque-tuba », le paddle de loisirs, la nage avec bouée, sont toujours autorisées. Hors saison estivale, ce dispositif est conservé grâce au maintien d’un nombre réduit de bouées d’octobre à avril.
DES ÉCOGARDES, GARDIENS DE LA BIODIVERSITÉ
Tout l’été, deux écogardes sillonnent notre littoral, situé en zone Natura 2000, pour sensibiliser les plaisanciers sur la protection des habitats coralligènes et herbiers de posidonie.
L’usage intensif de la mer nécessite une information constante des usagers qui pèchent souvent par méconnaissance. À même d’informer les plaisanciers dans plusieurs langues, les écogardes sont en relation avec la brigade nautique de la police municipale susceptible d’être mobilisée en cas de mauvais comportement sur l’eau. Dans les faits, la sensibilisation porte la plupart du temps sur la connaissance des fonds marins et les règles de mouillage.
En deux saisons, plus de 8 000 sensibilisations ont été réalisées. Recevez-les bien, nos écogardes ont beaucoup à vous apprendre !

DÉCHETS : UNE BOUTEILLE À LA MER ?
Pour nettoyer nos fonds marins, Antibes a la chance de bénéficier d’associations locales très actives. Fonds Bleus, les plongeurs d’Antibes, l’Association des Pêcheurs d’Antibes, pour ne citer qu’elles, constituent des sentinelles extraordinaires pour repérer les zones où les déchets s’accumulent.
En collaboration avec ces associations, la Ville finance trois fois par an des opérations de nettoyage en mer pour récupérer les déchets et les évacuer vers les décharges. En quantité, cela représente cinq tonnes par an avec principalement des canettes, épaves, matériel de plage, bouteilles en plastique, etc. Une autre opération très ciblée est menée en collaboration avec l’association Émergence. Elle s’est fixée sur une petite anse située en contrebas du sentier du littoral du Cap d’Antibes. Cette crique n’est volontairement pas entretenue par les services de propreté de la Ville. On laisse les déchets rabattus par les courants Ligure s’y déposer.
Tous les trimestres, Émergence, épaulée par des bénévoles, les collecte. Objectif ? Les classer par catégorie (verre, plastique, polystyrène, etc.) et identifier leur provenance. Lancées il y a six ans, ces opérations « Clean & Collect » permettent à chaque nettoyage de ramasser environ 12 000 déchets. Une fois les déchets identifiés, les données sont transmises à des organismes nationaux afin de prendre des décisions concrètes en termes de lutte contre la pollution. À titre d’exemple, depuis leur interdiction en 2021, les pailles en plastique ont quasiment disparu de notre rivage.
Encourageant non ?
80 % des déchets sont d’origine terrestre.
LES TORTUES EN SOINS AU CAP D’ANTIBES
Le Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage, dédié au soin des tortues marines trouvées blessées sur nos côtes, a été créé en 2017 par Émergence. Il est hébergé par la ville d’Antibes Juan-les-Pins au sein de Posidonia au Cap d’Antibes.
En 10 ans, il a accueilli 40 tortues des espèces les plus courantes le long des côtes de Méditerranée française : la tortue Luth, la tortue verte, et la plus commune d’entre elles, la Caouanne. Toutes sont menacées et protégées par la réglementation internationale. Elles subissent de nombreuses menaces dont beaucoup proviennent de l’activité humaine : collisions avec les bateaux, captures accidentelles dans les filets de pêche, pollution marine, ingestion de matières plastiques, etc. Au centre, elles sont prises soignées par des vétérinaires spécialistes des animaux marins et choyées par des bénévoles chargés de les surveiller.
Quand leur état de santé le permet, les tortues sont baguées et relâchées en mer près de nos côtes. C’est souvent un grand moment d’émotion pour les soignants !
Posidonia accueille l’un des deux centres de soin des tortues marines en Europe.
Si vous rencontrez une tortue en difficulté, en mer ou sur le littoral, alertez le 06 16 86 26 86.
SAUVONS LE POULPE !
Les données ne sont pas statistiques mais le constat est fait par les associations de plongeurs et de pêcheurs : la population de poulpes sur notre littoral régresse. Pour inverser la tendance, Antibes a choisi de sensibiliser baigneurs et pêcheurs occasionnels en les informant qu’en période de ponte, de mai à octobre, le poulpe est une espèce très vulnérable.
La femelle installée avec ses oeufs en eaux peu profondes est dérangée par des nageurs qui, sans intention de nuire, jouent avec elle au risque de lui faire perdre toute sa portée ! Pour les protéger, la Ville a déployé des nurseries à poissons et interdit le mouillage dans les zones sensibles peuplées par les herbiers de posidonies qui abritent les poulpes. À titre expérimental, la pêche a été proscrite dans certains secteurs devenus des zones refuges. C’est le cas dans l’enceinte des ports où la pêche est interdite et où les poulpes se réfugient en période de reproduction.
Alors, que l’on soit amoureux de la mer ou amateur de gastronomie méditerranéenne, notre intérêt est le même, sauvons le poulpe !


