« Le client qui arrive dans notre ville ne doit pas choisir entre Antibes et Juan-les-Pins. Il doit consommer les deux. Le musée Picasso, les ruelles historiques et les plages, le jour. Le boulevard d’Aguillon et le coucher de soleil sur la Pinède, le soir ».
Pour Alain Palamiti, nouveau président de l’UMIH(1), pour gagner, les professionnels de l’hôtellerie-restauration vont devoir jouer collectif et faire d’Antibes et de Juan-les-Pins une expérience unique et inoubliable. « Le cap est fixé et je suis très positif car les indicateurs sont au vert. Antibes connaît une fréquentation très forte et Juan entre dans une phase de renouveau » poursuit le président.
Un renouveau qui, pour lui, s’appuie sur des atouts historiques essentiels : « Juan-les-Pins est la seule vraie station balnéaire de toute la Côte d’Azur. Ici, on a des plages de sable directement connectées à la ville et aux commerces. Tout se fait à pied. Et puis Juan-les-Pins c’est une marque, une signature qu’il faut retrouver, celle du glamour et de la dolce vita ».
Quels sont les signes de ce renouveau ? « La réhabilitation du Provençal est une réussite. Avec la requalification des plages et la nouvelle promenade du Soleil, une dynamique est enclenchée. La transformation du Garden Beach en hôtel cinq étoiles en plein coeur de la station va entraîner une montée en gamme de tout le secteur en attirant de nouveaux investisseurs pour ouvrir les hôtels qui font défaut et des commerces de qualité. C’est un vrai cercle vertueux qui va tirer la station vers le haut et vers le beau ».
C’est dans cet esprit que les professionnels de l’hôtellerie-restauration réservent un accueil très favorable à l’invitation du maire, Jean Leonetti, de s’asseoir à la table du futur Comité de pilotage du renouveau de Juan-les-Pins. « Je compte bien porter la voix des professionnels pour travailler en partenariat avec la municipalité. L’audit externe annoncé va porter un oeil nouveau sur les forces et les faiblesses de Juan-les-Pins. J’y suis très favorable, il sonne comme un réveil et une remise en question pour tous les acteurs de Juan-les-Pins ».
« PRIORITÉ AU COEUR DE JUAN-LES-PINS »
Pour autant, sans attendre les résultats, Alain Palamiti, très impliqué dans la station, a déjà en tête des pistes d’améliorations et cible, en priorité, le coeur de Juan.
« Je pense en premier lieu à l’embellissement et l’harmonisation du secteur formé par les avenuesCourbet, Gallet et l’Estérel. L’aspect esthétique des rues est essentiel, c’est un élément qui joue aussi sur le sentiment d’insécurité et de propreté. Un éclairage bien repensé, un revêtement des sols de qualité pour apaiser la circulation, un mobilier urbain plus élégant, une incitation à la rénovation des façades, et c’est toute l’ambiance du coeur de ville qui va s’améliorer. Je sais que la réfection du parvis de la gare SNCF est dans les tuyaux et c’est une très bonne chose ».
Logiquement vient alors la question de la piétonnisation annuelle du coeur de la station.
« C’est un vrai cercle vertueux qui va tirer la station vers le haut et vers le beau »
Sur la saisonnalité, Alain Palamiti plaide pour un équilibre entre six mois de vie balnéaire et six autres mois plus « culturels » avec le maintien d’une animation régulière comme un marché de producteurs de la CASA, des brocantes et pourquoi pas, des formules « weekends théâtre » dans le cadre d’un partenariat entre les hôteliers et Anthéa…
Enfin, un autre projet propre à la profession lui tient particulièrement à coeur : « Chaque année entre les plages, les hôtels, l’ouverture nocturne des commerces, 3 000 à 4 000 salariés saisonniers affluent sur Juan-les-Pins au plus fort de la saison. Ce sont des professionnels qui, par la qualité de leur travail, contribuent aussi à l’image de marque de Juan-les-Pins. Mais surtout la plupart des contrats sont d’une durée de six mois. D’où l’idée d’une solution où les entreprises elles-mêmes loueraient à l’année auprès de bailleurs sociaux, des studios équipés pour les mettre à disposition des saisonniers. J’y travaille activement ».
(1) L’UMIH - Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie d’Antibes Juan-les-Pins compte à ce jour 160 adhérents. Elle englobe tout le territoire de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis.
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Laura : « L'environnement des plages est devenu très beau »
Laura est gérante de la plage Chacha, installée sur la promenade du Soleil depuis 2022.
« Nous avons rouvert le 1ermai dans un établissement neuf et élégant. L’esthétique de la promenade a complètement changé l’ambiance et l’allure du bord de mer aussi. C’est beau et nos clients apprécient. Nous avons réaménagé toute la plage Chacha, la terrasse est plus aérée, ça donne une impression de plus d’espace, la nouvelle déco nous vaut tous les jours des compliments. L’eau de mer est cristalline et depuis la plage, on a des sunsets éblouissants. »
Laura est une gérante HEU-REU-SE qui constate avec plaisir que ses habitués reviennent, parmi eux, beaucoup d’étrangers et une belle clientèle pour une saison qui débute très bien !
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Georgia : « Il faut jouer le jeu des nocturnes »
Cela fait 28 ans que Georgia Cohen est commerçante à Juan-les-Pins. Il y a un an, elle a ouvert « Mama Rock Store », une boutique originale de prêt-à-porter biker vintage à l'angle de l'avenue Guy de Maupassant.
« J'ai choisi de sortir des baux saisonniers et de travailler à l'année. Je ne souffre pas trop en hiver parce que j'ai une clientèle fidèle et le meilleur des emplacements ! Après des années difficiles, Juan relève la tête avec la disparition des verrues du Provençal et bientôt la réouverture du Garden. C'est un vrai coup de boost qui devrait attirer de belles boutiques et de nouvelles enseignes ».
Qu'est-ce qui, selon Georgia, va favoriser ce renouveau ?
« D'abord et avant tout, le commerce ! Les commerçants qui veulent travailler ici doivent être bien conscients que c'est une station balnéaire qui requiert d'avoir des horaires larges et de travailler la nuit. Quand à une période de ma vie j'ai voulu lever le pied, j'ai arrêté les baux saisonniers parce que je savais que je ne pourrais pas assumer les ouvertures tardives qui sont la marque de Juan-les-Pins. Dans une station balnéaire, il faut aussi une plus grande tolérance et accepter la musique et des concerts dans les restaurants et les bars ! C'est ça l'été à Juan. Quand on signe ici, on signe sur un spot incroyable ! Alors il faut avoir l'envie de tirer Juan-les-Pins vers le haut parce que Juan ça se mérite ! ».

